Ma montre à moi que c'est moi qui l'ai faite (2e partie)

par Origami - le 10 juin 2005

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LE DEMONTAGE DU BARILLET

 L'étape suivante, c'est le démontage du barillet. Ce n'est pas très compliqué, mais il y a plus de pièces à enlever pour y accéder.

 Voyons en images les différentes étapes.

 On démonte le Rochet (en hommage à SAS le Prince Albert)

 Puis, le Cliquet-ressort, et le petit ressort qui est dessous.

 A noter que le cliquet est le même dans les 2 mouvements. Il est simplement retourné dans le mouvement anti-horaire. La encore, les Russes ont fait dans la simplicité et l'efficacité.

 On continue. Vous n'avez qu'à lire le texte sur les images.

 Le Pont de Barillet peut maintenant être enlevé. On dévisse les 3 vis qui le tiennent.

 Et voilà ! Le barillet est à portée de main.

 C'était facile !

 Bon, il faut maintenant faire pareil avec le mouvement anti-horaire.

 J'espère que je ne vous ennuie pas ?

 Les 2 Barillets sont extraits très facilement, en les faisant glisser sous la roue de Centre.

 J'ai maintenant les 2 mouvements, avec leur 2 barillets.

 Il n'y a pas de risque de se tromper. Les 2 Barillets sont de la même couleur que leur mouvement d'origine : couleur dorée pour le mouvement anti-horaire, et argenté pour le mouvement normal.

 Je remonte donc les 2 barillets, en les inversant. En plus, ça donne une petite pointe de folie colorée qui viendra égayer un peu ce mouvement. Ce n'est pas encore la farandole des couleurs de l'arc en ciel du Marais, mais bon...

 Bon, je n'ai pas de photos du reste du remontage, mais il n'y a rien de très intéressant.

 

LE DEMONTAGE DES PIGNONS DE MISE A L'HEURE

 Voilà, le travail du coté Ponts est terminé. On va pouvoir passer au coté Cadran.

 Il faut commencer par enlever le sautoir de tirette.

 Que trouve t-on en dessous ?

 On démonte les pièces, en faisant TRES attention au petit ressort, qui n'a qu'une envie : sauter le plus haut, le plus loin possible, dans un endroit où il restera caché pendant 2 ans.

 Donc, mon conseil, c'est de le tenir avec un petit bout de bois sur la partie haute, pendant qu'on débloque (ou plutôt désamorce) la partie du bas.

 On fait pareil avec l'autre mouvement. On peut alors comparer les 4 pièces, pour voir si j'avais raison.

 Et oui, j'avais raison !

 Et là, ces pièces là, ce ne sont pas des pièces qui ont été inversées. Encore un grand MERCI à Bruno Brazil de m'avoir indiqué ces montres de poche ! Sans lui, je ne pense pas que j'aurais pû faire ce projet !

DIGRESSION : LES RUBIS A 15, OU LA MAJORITÉ A 18

 Je me permets de vous livrer mes réflexions, comme elles me viennent. Vous avez peut être remarqué que bien que les 2 mouvements soient très similaires (hors inversion du sens de rotation), il y a quand même quelques différences.

 Le nombre de rubis est différent sur les 2 mouvements. C'est comme le Port Salut, c'est marqué dessus !

 Il paraît que Bernard Laporte préfère les Rubis à 15. Moi, je pense que ... Euh, ... Mais d'abord, ils sont où, ces rubis, et pourquoi il y a une différence ?

 Regardons d'abord les photos des mouvements de face et de dos, et comparons-les 2 za 2.

 Les mouvements, coté ponts, avec les flèches indiquant les rubis visibles. C'est facile, ils sont rouges.

 Et maintenant, coté cadran, on compte les rubis visibles.

 Bon, prenons notre petite calculatrice, et comptons.

 Le nombre de rubis visibles sur le mouvement 18 rubis (couleur argent) est de :

 - 6 coté ponts

 - 5 coté cadran

 Et le nombre de rubis visibles sur le mouvement 15 rubis (couleur or) est de :

 - 4 coté ponts

 - 4 coté cadran

 Bon, je pose 8 et je retiens ma respiration, ça donne donc ... hum, 6, 7, 8, ...

 Putain ! Pourquoi cette calculatrice tombe toujours en panne quand j'en ai besoin ?

 Pour le mouvement 18 rubis, on n'en voit que 11.

 Et pour celui de 15 rubis, on n'en voit que 8.

 By Jove ! Quelqu'un m'aurait volé mes rubis pendant que je dormais ?

 Mais non !

 Tout d'abord, il faut aussi compter les 2 palettes de l'ancre :

 Bon, ça fait donc monter à 13 rubis pour le mouvement 18, et 10 pour celui à 15.

 Je continue à chercher. Je vide l'aspirateur, et je fouille dedans, sans succès.

 Je regarde alors sous le balancier. Et là, que vois-je ? Oh ! un rubis. Et oui, c'est la cheville de plateau. C'est elle qui va entraîner l'ancre de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, et ainsi de suite.

 En fait, ce rubis, c'est la  Cheville de Plateau :

 On progresse ! On avance !

 Le décompte des rubis pour le mouvement 18 est maintenant de 14, et pour le mouvement 15 rubis, on en est à 11.

 Mon cerveau en ébullition se rappelle alors qu'il y a quelque temps, sur le merveilleux forum de discussions de Chronomania, quelqu'un avait listé les emplacements des rubis dans une montre. Une recherche rapide sur cet outil merveilleux qu'est Internet, et je retrouve le message :

 http://f24.parsimony.net/forum57818/messages/144516.htm

 C'est Fripou qui nous indiquait :

------------------------- Début du message --------------------------------

 écrit par fripou le 11. Janvier 2005 01:18:08:

 Salut à tous

 Je me demandais comment connaître le nombre de pierres d'un mouvement, en le voyant ; grâce au site sur les montres Elgin (voici le lien), j'ai compris les bases du comptage des pierres:

 - il y a les 7 pierres de l'échappement (2 pivots + 2 contre-pivots du balancier ; 1 cheville de plateau ; les 2 palettes);

 - plus 8 pour le train de roues (2 pour l'axe de l'ancre, 2 pour la roue d'échappement, 2 pour la roue de seconde, 2 pour la roue de moyenne); on arrive à 15, pour les mouvements "peu" empierrés.

 [ . . .]

---------------------------------------------------------------------------

 Bon, revoyons en photos le mouvement 15 rubis, et essayons de voir les correspondances entre la description et la photo.

 Mais d'abord, qu'est-ce que c'est que cette histoire de Pivot et de Contre-Pivot ? Qu'est que ce qu'il a à voir avec les montres ?

 Personnellement, ses dictées à la mord-moi-le-noeud m'ont toujours NRV, mais bon, si ça en amuse quelques uns ...

 Reprenons.

 Certains axe n'utilisent que 2 rubis : un en haut, et un en bas. Ce sont les "pierres" :

 D'autres utilisent, en plus des pierres, des contre-pivots :

 Visuellement, un rouage qui utilise un contre-pivot se distingue par un rubis qui est légèrement bombé vers l'extérieur), et qui n'est pas percé. Pour une pierre, le rubis est percé (avec une bonne loupe, on peut voir l'axe qui traverse), et il est en creux.

 Donc en fait, quand on voit un rubis plat et non percé (le contre-pivot), il y en a forcément un autre en dessous (la pierre).

 Reprenons donc les photos du mouvement 15 Rubis. Attention : pour essayer de faciliter la compréhension, j'ai inversé l'image de droite, afin de représenter les 2 cotés du mouvement avec les axes au même endroit.

 Bon, je pense qu'on a le compte :

 COTÉ CADRAN

 - 1 : la pierre de la roue de Moyenne

 - 2 : La pierre de la roue de Seconde

 - 3 (caché sous un faux contre-pivot en métal) : la pierre de la roue d'échappement

 - 4 - la pierre de l'Ancre

 - 5 + 6 : La pierre et le contre-pivot du Balancier

 COTÉ PONTS

 - 7 : la pierre de la roue de Moyenne.

 - 8 : La pierre de la roue de Seconde

 - 9 (caché sous un faux contre-pivot en métal) : la pierre de la roue d'échappement

 - 10 - la pierre de l'Ancre

 - 11 + 12 : La pierre et le contre-pivot du Balancier

 Ce à quoi il faut rajouter les 2 rubis des palettes de l'Ancre, et la Cheville de Plateau.

 Soit 15 ! Oui, QUINZE rubis !

 Le compte y est ! Merci Fripou !

 Pour le mouvement 18 Rubis, ce sera plus simple, car il suffit de comparer avec le mouvement 15 Rubis.

 On voit bien que les 3 rubis qui manquent correspondent à :

 - Les 2 Contre-Pivots de la Roue d'Échappement

 - Une Pierre pour la roue de Centre.

 A noter qu'ils sont un peu radins, car il semble que la règle veuille qu'il y ait un second rubis pour la roue de Centre. Mais bon,

Ouf, personne ne m'a volé le moindre rubis. Je vais pouvoir dormir tranquille cette nuit !

 Sinon, pour ceux que les rubis intéresse, il y a un lien, donné par Fripou :

 Les rubis dans les montres , qui pointe à son tour vers un autre site très bien fait :

Une montre à 100 rubis !

 Fin de la digression.

NOUS REPRENONS LE COURS NORMAL DES CHOSES

 Hum. Où en étais-je ?

 J'étais en train de faire de la micro-chirurgie pour greffer les pièces du mouvement inversé sur le mouvement normal.

 J'ai déjà démonté et inversé le barillet, l'Ancre et la Roue d'Échappement.

 Et j'étais en train de démonter les 2 pignons de mise à l'heure (le pignon de remontoir, et le pignon coulant).

 Un petit rappel :

 Le truc qui merde, c'est que la bascule doit normalement être dans l'encoche du pignon coulant. Et le ressort, lui, n'a qu'une envie : faire ce qu'il veut !

 Il faut donc bien placer la bascule, et remettre vite la petite plaque qui vient tenir le tout, et qui sert accessoirement de "sautoir de tirette".

J'ABANDONNE !

 Hier, pendant que j'essayais de trouver le point G de l'actrice dont je parlais au début de ce court article, j'eus une illumination !

 Moi qui aime les montres originales, il fallait aller jusqu'au bout ! La solution était devant moi. Enfin, façon de parler . . .

 La Montre Ultime ! Celle qui allait faire oublier toutes les autres ! Ma Simplicity à Moi ! L'Oeuvre d'une vie !

 ...

 ...

 ...

 TADAAAAAAAAAAAAAAAA ! ! !

  Pfffffou ! Elles sont où, mes pilules rouges ? Ah, les voilà.

HEUH, JE PARLAIS DE QUOI ?

 Excusez-moi, j'ai eu comme une absence. Ca m'arrive de temps en temps. Habituellement, c'est au boulot, entre 10 heures et 18 heures.

 Bon, donc, j'ai replacé toutes les pièces. Maintenant, c'est le moment de vérité.

 Je commence avec le mouvement de la montre de poche (doré). J'essaye de remonter le ressort de barillet. Hum .. Gniiiin ... Humpffffff ! PUTAIN DE BORDEL DE MERDE DE SA1OPERIE DE CHIASSE ! Y'a quelque chose qui bloque !

 Bon, restons calme. Je ressors mes tournevis et mon Whisky. Je vais commencer par enlever la roue de rochet pour voir si c'est elle qui bloque la roue de couronne.

 Petit rappel pour ceux qui ont déjà oublié :

 J'ai dessiné en rouge l'endroit où le pignon de remontoir entraîne la roue de couronne. Cette roue entraîne le Rochet, qui est fixé solidairement sur le Barillet. Enfin, le Cliquet-ressort empêche le barillet de tourner dans le mauvais sens.

 Logiquement, une de ces 3 pièces doit bloquer. A vue de nez, je parierais sur le Cliquet-Ressort, qui à l'air de bloquer le Rochet, qui à son tour bloque la Roue de Couronne.

 On va voir si j'ai raison. Scalpel !

 ...

 ...

 ...

 Bon, je n'ai pas de photos, car j'ai fais ça hier soir, et j'avais la flème de faire les photos, désolé.

 Mais le résultat, c'est que ça marche maintenant. J'arrive à remonter le ressort de barillet. J'ai démonté le cliquet-ressort, le Rochet, et même la roue de Couronne. La vis de cette dernière est légèrement de traviole, mais en regardant les photos avant le début de mon bricolage, j'ai l'impression que c'était déjà le cas. Je continue à penser que c'était le cliquet-ressort qui était mal placé, et qui bloquait le reste.

 Mais l'horlogerie ne serait pas l'horlogerie si tout était simple.

C'EST PARTI MON KIKI !

 Voilà, le problème est résolu. Ca va donc marcher. Je remonte le ressort de barillet légèrement, histoire de voir si tout fonctionne.

 Ben non ! Ca marche pas !

C'EST ARRÊTÉ, MON KIKI !

 Qu'est-ce qu'i's'passe, encore ? Je descend de voiture, j'ouvre le capot, et je regarde d'où sort la fumée.

 En fait de fumée, il semble qu'il y ait un problème avec l'échappement. Non, pas le pot d'échappement, mais avec la liaison ancre - roue d'échappement.

 Bon, je démonte le balancier, pour pouvoir y voir plus clair.

 Il semble que la roue d'échappement soit bloquée par l'ancre, ce qui fait qu'elle ne tourne pas.

 Je fais pas mal d'essais, y compris celui d'inverser le pont d'ancre. Et là, ça semble marcher. Je remonte alors le balancier, et ... Ben non, ça marche plus !

 GRRRRRRRRRRRRRRRRR ! ! ! ! ! !

 Je redémonte tout une nouvelle fois, et je prends des photos pour pouvoir y voir un peu mieux !

 Et ce que je constate, c'est que l'ancre ne peut pas aller suffisamment à droite pour laisser passer la dent de la roue d'échappement.

 Zut alors !

 Je ne comprends pas pourquoi subitement, l'Ancre ne peut pas aller assez loin. Je regarde, je vérifie, mais rien à faire ! Pris d'un doute, je décide alors de tester avec l'autre pont d'Ancre. Et là, ça marche !

 Avec la pointe d'une brucelle (Capitale de la Belgique), je fais pivoter l'ancre de droite à gauche, ou de haut en bas, suivant le repère orthonormé dans lequel on se place. Et là, la roue d'échappement tourne tranquilement.

 Mais dès que je replace le pont d'Ancre doré, ça bloque. J'ai beau regarder, les comparer, ils semblent identiques.

 J'hésites à utiliser le pont d'Ancre qui marche, mais je préfère le garder pour la montre-bracelet.

 Pffffffffuuuuuuu, que c'est compliqué, l'horlogerie !

 Bon, c'est pas grave. Je vais partir en vacances en Corse avec ma petite famille, Ca ira mieux en revenant.

[ petite pause vacances ]

 Soleil, plage sublimes, eau un peu trop froide pour moi, mais ça permet de jouer au lézard sur le sable, à se dire que vraiment, la Corse, c'est une île fantastique.

 [Cette courte pause vous était offerte par le FLNC.  Venez en Corse. Vous ne verrez plus votre voiture de la même façon !]

 De retour à Paris, je décide de m'y remettre sérieusement. Car sinon, j'aurais terminé à Noël. Et encore, pas forcément celui de cette année !

 Le problème, on s'en souvient, est lié à l'Ancre qui ne peut pas aller assez loin, car elle est bloquée par la butée (je découvre dans le livre "Théorie d'Horlogerie" que, en fait de butées, le nom officiel est soit Goupilles, ou dans le cas où il s'agit de butées formées par le pont d'Ancre, d'Étocaux.

 Je vais avoir du mal à le resortir dans une conversation, celle là !

 Je décide donc d'employer la méthode officielle chez les pygmées : le rabotage

 En fait de raboter, j'enlève vraiment une très mince couche. Quelques dixièmes de millimètres.

 Je teste, d'abord sans remettre le balancier, uniquement en bougeant l'Ancre avec la brucelle. Ca a l'air de marcher beaucoup mieux !

 Comme je commence à en avoir un peu ras le bol de ce mouvement, je décide de remonter le Balancier, et de voir ce que cela donne.

 En fait, ça ne va toujours pas. Quand je remonte la montre, le balancier fait une dizaines d'alternances, et il s'arrête brusquement. La cause, c'est encore une fois l'Ancre qui ne va pas assez loin. Je remonce (temporairement) à raboter encore plus. Il faudrait que j'enlève encore un peu de la matière, mais ça m'emmerde. Car il faut se rappeler que mon but, c'est que le mouvement de la montre-bracelet fonctionne.

 Comme le mouvement de poche me gonfle vraiment, à merder systématiquement, je me dis que si je n'arrive pas à modifier les mouvements, je peux toujours prendre un des 2 mouvements anti-horaire qu'il me reste, et le mettre dans la montre bracelet, sans modification, comme je pensais le faire initialement.

 Je décide donc de mettre de coté le mouvement de poche, et de m'occuper du mouvement qui est maintenant anti-horaire, suite à la transplantation d'organes.

 Comme de bien entendu, là aussi, je rencontre des problèmes. Mais cette fois ci, c'est coté cadran, avec la minuterie.

 La bascule se met en travers systématiquement.

 La solution viendra (encore) de Bruno Brazil, qui me conseille de remettre la minuterie avec la tige de remontoir introduite. Un coup de fil à Deniz, et une discussion avec la charmante horlogère de Kronometry 1999, me confirment qu'il faut faire comme ça.

 Pour m'entraîner, je vais commencer avec le mouvement de poche.

 On voit justement ce qu'il ne faut pas faire. La partie basse de la bascule est sortie de la rainure du pignon-coulant. Ce qui fait que la bascule ne sert plus à rien.

 Elle a sauté, car le ressort de bascule appuie très fortement sur la bascule, et il semble que la bascule ne soit pas très bien tenue dans la rainure.

 Il faut donc commencer par désarmer le ressort de bascule, et l'enlever.

 On met en place le pignon-coulant, on insère la tige de remontoir (dont la section carrée va faire tourner le pignon-coulant). On place ensuite la bascule, en l'insérant bien dans la rainure. On fait glisser le tout vers la droite, contre le pignon de remontoir.

 Puis, on va commencer à mettre le ressort de bascule.

 Et là, il faut faire TRES attention, car il y a 2 risques :

 - que le ressort saute dans l'hyper-espace.

 - que la bascule saute de la rainure du pignon-coulant.

 Pour éviter ça, il faut bien tenir le haut du ressort (je fais ça avec l'ongle du pouce, mais je ne pense pas que ce soit la méthode ... orthodoxe).

 Il faut aussi tenir la bascule bien contre la platine, pour qu'elle reste bien dans la rainure.

 Ce n'est vraiment pas facile. Car pendant ce temps, avec des brucelles (capitale de la Belgique); il faut faire pivoter le ressort, afin de l'armer.

 Il faut arriver à ça :

 Et là, on arrête de respirer. On pose délicatement le sautoir de tirette, qui est la plaque qui va plaquer le tout contre la platine, afin d'empêcher la bascule de sauter.

 Là aussi, il faut faire attention, car la bascule peut sauter au moindre choc. J'ai l'impression d'être Yves Montand dans "Le Salaire de la Peur".

 Bon, ça semble OK. Maintenant, il faut faire pareil avec l'autre mouvement.

 Donc, je démonte tout, et je recommence. Je place le pignon-coulant, et la tige de remontoir.

 Puis la bascule.

 Puis le ressort de bascule. Rrrrrrrrrrrrrr (roulements de tambour) rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

 TADAAAAAAA !

 Bon, le problème, maintenant, c'est de vérifier qu'on peut enlever la tige de remontoir sans que la bascule ne saute. Car pour remettre le mouvement dans le boîtier, il faudra bien retirer la tige à un moment donné.

 J'ai fais un test, et ça marche. Tout est resté en place. Mais bon, ça ne me semble pas super fiable. Soit j'ai pas compris un truc, soit il y a comme une faiblesse dans la mise au point du bouzin. L'avenir nous le dira.

 Tout content que la minuterie se soit arrangée, je décide de m'occuper de la partie balancier. Vais-je avoir autant de problèmes qu'avec l'autre mouvement ?

 Je place l'ancre, puis le pont d'ancre. Je vérifie en faisant basculer l'ancre de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis de droite à gauche, que la roue d'échappement tourne bien, et qu'elle n'est pas bloquée. Tout semble OK.

 Il ne reste plus alors qu'à poser le balancier. Je fais bien attention de placer la Cheville de Plateau entre les 2 cornes de l'Ancre. Je vérifie aussi avant de visser le Pont de Balancier (ou Coq) que le balancier tourne librement, et que l'axe du balancier soit bien dans le trou du rubis. Surtout, ne pas forcer, sous peine de briser l'axe.

 Tout semble bien se passer. Je lance le balancier à la main, pour voir si la roue d'échappement tourne comme il faut, et si elle n'est pas bloquée. Là encore, tout semble OK.

 Donc, je remonte le ressort de barillet, et je la laisse tourner.

 Résultat positif !

 YOUPI ! Je suis bien l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière petit fils spirituel de Louis Abraham Breguet ! Celui qu'il a eu avec la servante de 15 ans.

 Quel plaisir ! (c'est aussi ce qu'a dit L.A. Breguet quand il était avec sa servante de 15 ans).

 Après la succession d'emmerdements que j'ai eu avec le mouvement de montre de poche, c'est agréable de voir un mouvement qui tourne !

 Juste pour le plaisir des yeux, je voulais vous offrir cette petite photo

Vers la 3e partie